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Paulo ce héros !

 
Immense Paul-Henri Mathieu ! Lors d'un cinquième match décisif formidable, l'Alsacien, devant son public, a triomphé de Thomas Johansson, 6/1, 6/4, 6/7 (4), 6/4. Dans une ambiance fabuleuse, "Paulo" a réussi un match époustouflant, même s'il a cru revivre un instant le cauchemar de la finale 2002, à Bercy. Le Suèdois a en effet effacé deux balles de match dans le troisième set. La victoire n'en est que plus belle...
 

D'abord, le moment où tout a failli basculer. Celui où tout aurait pu s'écrouler. Il est 18h20 à Strasbourg, quand Paul-Henri Mathieu est en passe d'achever son chef-d'oeuvre. Un ace lui offre une première balle de match. Il mène 6/1, 6/4, 5-4, 40-30. La Hall Rhenus Sports s'enflamme. La ferveur du public est immense. L'échange s'engage. "Paulo" a l'avantage mais le Suédois Thomas Johansson défend bien. Et finalement l'Alsacien commet la faute en coup droit.

Pas si grave. Un nouvel ace lui donne une deuxième balle de match. Mais le Suèdois frappe un revers croisé intouchable. Johansson, dominé jusque là dans tous les compartiments du jeu, profite alors de la crispation de son adversaire. Il recolle à 5-5. Et voilà qu'il arrache le troisième set au tie-break, 7 points à 4, en réussissant un festival de services et d'accélérations fulgurantes. Mieux, il breake au début du quatrième set...

Tout le monde pense à Youzhny...

Evidemment, les 6 000 spectateurs, les deux équipes, les deux capitaines, les deux joueurs, tout le monde pense à Mikhaïl Youzhny. Tout le monde. Personne n'a oublié qu'en finale de la Coupe Davis, en 2002, à Bercy, "Paulo" avait perdu le cinquième match décisif face au Russe, alors qu'il menait deux sets à zéro, alors qu'il surclassait son rival, avant de fléchir peu à peu.

Mais le scénario de Bercy ne se reproduira pas à Strasbourg. Car "Paulo" n'est plus le même homme. Et puis il a réussi un tel début de match face à Johansson...Rassurant !

Un premier set parfait

Flash-back. Quand Paul-Henri Mathieu et Thomas Johansson font leur entrée sur le court, à 15h53, il pèse sur les deux joueurs une énorme pression. Car le destin de la rencontre se trouve entre leurs mains.

"Paulo", malgré son modeste rang de 99e mondial, a plus d'expérience qu'en 2002. Il a dominé Carlos Moya à Alicante l'an passé en Coupe Davis,. Vendredi, il n'a laissé aucune chance à Joachim Johansson. De son côté, Thomas Johansson, classé 25e mondial, est plus connu pour être un adepte des surfaces rapides, témoin son triomphe inattendu à l'Open d'Australie 2002. Mais il a livré un match parfait, vendredi, face à Grosjean

Mathieu reçoit une formidable ovation lors de la présentation des joueurs. Il garde un bon souvenir de sa seule confrontation avec Thomas Johansson, qu'il avait battu en chemin lors de la conquête du titre au Grand Prix de Lyon, en 2002. Il débute d'ailleurs par un jeu blanc, sur son service. Agressif, son entmae de match est idéal. En revers le long de la ligne, c'est un festival. En coup droit, il "arrondit" parfaitement les trajectoires pour repousser son rival. Au service, il est brillant. Et en plus, il vient conclure les points au filet quand il le faut

Johansson écoeuré

Très vite, "Paulo" s'adjuge la première manche 6/1 en 40 minutes. L'Alsacien a donné la leçon à Johansson. Dans le deuxième set, le Suédois élève son niveau de jeu, mais ça ne suffit pas. Le Français passe la "surmultiplié" à 3-2 contre lui. Il avale 12 des 13 points suivants. C'est sur un service gagnant qu'il se détache 6/1, 6/4 après 1h23 de jeu.

Plus équilibré, le troisième set semble basculer en sa faveur quand il s'offre un nouveau break à 2-2. Johansson est écoeuré par son adversaire. Mathieu réussit même une merveille de volée amortie de revers. Pourtant, ce n'est pas son point fort. le Français s'envole, 5-3. Mais on sait ce qu'il va advenir. Bientôt, c'est Johansson qui aura le vent en poupe.

Ressources incroyables

Après avoir donc sauvé deux balles de match, remporté la troisième manche au tie-break et s'être détaché 4-2 au quatrième, le vainqueur de l'Open d'Australie 2002 devient irrésistible. Depuis quelques minutes, il enfile les aces comme des perles. Il a même obtenu une balle de 4-1, double break, écartée par le Français d'un coup droit gagnant. Comment Mathieu va-t-il s'en sortir ? Une ombre plane, celle d'un certain joueur russe. "Paulo" est-il maudit ?

A 4-3, Mathieu va alors trouver des ressources incroyables. Dans ce huitième jeu, Johansson sert encore bien, mais cela ne suffit. Trois superbes retours, enchaînés par trois coups droits dévastateurs lui permettent de recoller à 4-4. Ce match est décidément formidable. Et que dire du public strasbourgeois. Quelle une ambiance de folie, sans jamais dépasser la limite.

Un passing hallucinant

A 4-4, Mathieu doit quand même effacer une balle de break sur son service. Il le fait de façon autoritaire, avec une séquence service-coup droit croisé. Les points gagnants se succèdent. Johansson, lui aussi, est grand. Il se découvre un niveau de jeu inspoupçonné sur terre battue. Il est tout de même dos au mur. 5-4 pour la France !

Le Suédois est au service. A 30-15, il est cloué sur place par un passing de revers bloqué hallucinant du Français. Qui décoche ensuite un retour de coup droit lumineux, conclu par un smash rageur. Troisième balle de match. Il est 19h35. Et nouvelle désillusion pour les 6 000 supporters bleu-blanc-rouge. Johansson frappe un coup droit gagnant, alors que l'Alsacien s'était trop décalé sur son retour. Cela commence à tourner au cauchemar...

Mathieu se bat comme un fou. Il sauve trois balles de 5-5. Et puis un revers dans le filet de son rival lui donne une quatrième balle de match. Il est 19h40. On joue depuis 3h38. L'heure de la délivrance. Enfin. Comme un symbole, c'est sur un point gagnant, un coup droit croisé qui suit un formidable retour, que "Paulo" remporte l'une des plus belles batailles de sa carrière. Le héros tombe à genoux et frappe la terre battue avec sa tête. La fête peu commencer !

Ca se passe comme ça...

Bientôt, les "Paulo", "Paulo" résonnent à travers la salle, et s'entendent sûrement jusque dans la cathédrâle de Strasbourg. Le public entonne ensuite une "Marseillaise". Guy Forget prend le micro et chante "C'est un beau roman, c'est une belle histoire". Avant de demander aux spectateurs : "ça se passe toujours comme ça, à Strasbourg ?" C'était une première pour la ville alsacienne en Coupe Davis. Une première réussie...

 

 
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