L'énergie en bandoulière
Paul-Henri Mathieu est fatigué. Lundi, face au Belge Xavier Malisse, l'Alsacien a manqué d'énergie et s'est incliné au 1er tour de l'Open de Paris-Bercy (7-5, 6-4). La conséquence attendue et naturelle de tous les efforts consentis par « Paulo » pour revenir au plus haut niveau.
Quand il arrive en salle de presse, Paul-Henri Mathieu a les traits tirés et les cheveux en bataille. Il vient de perdre face au Belge Xavier Malisse (49e) mais on ne lit pas la moindre once de déception sur son visage. Juste de la fatigue. Celle d'un homme qui a couru après le temps. « Au début, il ne jouait pas très bien. Quand il a commencé à frapper plus fort, à trouver son rythme, j'ai senti que j'étais au bout du rouleau », concède Mathieu dans un long soupir.
Et c'est vrai, tout avait bien commencé pour lui. Il mène rapidement 4-1. Calme et serein, Mathieu profite pleinement des égarements du Belge. Malisse erre sur le court comme une âme en peine, se tenant la cuisse, comme pour se raccrocher à une éventuelle blessure qui lui servirait d'alibi pour masquer ses carences du moment. « C'est toujours dur de jouer face à un mec qui semble blessé », lâche Mathieu sans amertume.
Groggy puis K.O.
Si Malisse n'est pas au meilleur de sa forme en ce moment, il n'était pas blessé. Et PHM l'a vite constaté. Les coups du Belge sont plus lourds, sa prise de balle de plus en plus précoce. Mathieu, déjà groggy, titube (5-3). Sur sa première balle de débreak, Malisse décoche un passing improbable, frappé du fin fond du Central et qui cloue Mathieu sur ses appuis (5-4). S'en suit une avalanche de coups gagnants qui achèvent l'Alsacien (dix points d'affilée, 7-5 pour Malisse).
Le second set sera celui de la passivité. Malisse prend rapidement le service de Mathieu (3-1) et gère son avantage jusqu'au bout (6-4). Il manquait à Paulo le coup qui fait la différence. Son tennis est là, il sent la balle, mais il n'a pas la force de se rebeller, de contester la supériorité, même fragile, de son adversaire. « C'était vraiment dur. Evidemment, je suis un peu frustré d'avoir perdu mais jouer Malisse n'est pas facile. J'ai voulu faire un dernier effort et ça n'a pas suffi », confie-t-il.
La force des inconscients
Des efforts, Paulo en déjà beaucoup fait. Parfois jusqu'à l'outrance. C'est un battant qui écrase chaque obstacle se présentant à lui, avec la force qui anime les plus inconscients. Pour se remettre de sa dernière blessure (déchirure d'un ligament du poignet), Mathieu ne s'est jamais économisé. « J'en ai profité pour muscler le bas du corps, dit-il, ça m'a fait du bien. Revenir d'une aussi longue blessure, c'est très dur mais quand on remet les pieds sur le court on se souvient de la chance qu'on a ».
Cette chance qui prend parfois la forme d'une sélection en Coupe Davis. « Quand Guy Forget m'a retenu pour affronter l'Espagne, c'était une surprise et une joie. En plus, je bats Moya en ouverture, sourit-il. Ça m'a demandé des efforts supplémentaires et avec l'enchaînement des tournois, j'accuse le coup ».
Au bout du rouleau
« Paulo » est donc au bout du rouleau, physiquement. Son moral, lui, est au beau fixe. « Je vais disputer les deux premières rencontres d'Interclubs (en N1A avec le CASG Jean Bouin), puis je partirai en vacances, histoire de recharger les batteries ».
Parce que l'an prochain, « Paulo » espère bien disputer une année complète. Sans blessure. Et puis, peut-être que sa route croisera à nouveau celle de Jérôme Haehnel, comme à Metz (défaite 6-7, 7-6, 7-6). « C'est super ce qu'il a fait à Metz, reconnaît-il. En plus, il a confirmé dans la foulée en se qualifiant à Bâle. On se connaît bien même si on s'était un peu perdu de vue quand j'étais parti aux Etats-Unis ».
Haehnel - Mathieu en finale du prochain Roland-Garros ? Chiche?
Romain Sublon