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PHM ouvre la voie

Le souvenir de Bercy est oublié. Pour son deuxième match en Coupe Davis, Paul-Henri Mathieu a réalisé un véritable exploit en dominant l’Espagnol Carlos Moya au terme de cinq manches très disputées (6/3 3/6 2/6 6/3 6/3) et plus de 4h30 de jeu. Un départ idéal pour l’équipe de France. A Santoro de jouer désormais

Tous les fans de tennis ont encore en tête la première sélection de Paul-Henri Mathieu en Coupe Davis. Après deux victoires tonitruantes en tournoi, le Strasbourgeois était lancé dans le grand bain en finale à Bercy face à la formidable armada russe de Safin pour un scénario inoubliable. Une défaite cinglante en 5 manches après avoir mené deux sets zéro dans le match décisif. Pour son retour, la mission s’annonçe aussi terrible. Une confrontation sur terre face à Moya, numéro 4 mondial. De quoi aborder le match l’esprit tranquille et sans pression !

Un début en fanfare
Au cours de la première manche, l'Alsacien impose son tennis à Moya. Grâce à un coup droit très agressif, le Français transperce à plusieurs reprises la défense de son adversaire. De longues balles puissantes, des angles impressionnants, le protégé de Guy Forget donne le ton. Sur sa ligne de fond de court, PHM défie ouvertement son adversaire, droit dans les yeux. Regard vif et pas déterminé, notre Strasbourgeois national pratique un tennis impressionnant, malgré une première balle de service défaillante (46% de réussite). Sans complexe face à son prestigieux adversaire et nullement troublé par l’ambiance bouillante des arènes d’Alicante, PHM imprime la cadence des échanges et s’empare de l’engagement de Moya au meilleur moment (3-5). L’Espagnol, certainement surpris par l’audace de son adversaire, montre quelques signes d’énervement sur les points litigieux. Paul-Henri Mathieu en profite immédiatement pour s’octroyer le gain du premier set (3-6), tandis que les «Allez Paulo !», scandés par 600 supporters tricolores, envahissent les travées du stade.

Le matador Moya prend le pouvoir
La deuxième manche démarre sur les mêmes bases. En pleine confiance, le Français fait le break d’entrée. Un coup dur pour l’Espagnol qui, désireux de stopper l’hémorragie, change son fusil d’épaule. Battu dans les duels tout en puissance du fond de court, Moya décide alors modifier sa stratégie, de varier le rythme et les effets. En alliant la force de frappe de son coup droit à son revers chopé très efficace sur terre battue, l’Espagnol prend petit à petit l’ascendant dans l’échange, poussant Mathieu à la faute. Du rêve, le match passe au cauchemar. Perturbé par le changement de cadence, moins en confiance, Mathieu retient ses coups et offre un nombre important de points gratuits. Des offrandes qui apportent au numéro un ibérique le deuxième set (6/3) et un avantage psychologique indéniable.

Mis sur le reculoir, Mathieu subit de plein fouet les assauts de l’ancien vainqueur de Roland Garros. Repoussé très loin de la ligne de fond de court, le Strasbourgeois donne des signes inquiétants de nervosité et semble tétanisé sur le court. Le souvenir de Bercy 2002 rejaillit dans toutes les mémoires. Les doubles fautes, les erreurs directes répondent aux lobs astucieux, aux amorties et aux coups de boutoirs du poulain de Jordi Arrese. Malgré les conseils de Guy Forget aux changements de côté, les jeux s’amoncellent dans l’escarcelle de Moya qui retrouve au cours de ce troisième acte le niveau qui l’avait porté jusqu’à la première place mondiale. Un véritable récital. Les points défilent. Malgré quelques occasions de break en faveur de Mathieu, le match prend une allure de monologue espagnol dans une ambiance de corrida (6/3 3/6 2/6).

Bercy est oublié
Le début du quatrième set illustre immédiatement la volonté du Tricolore de ne rien lâcher. Malgré l’ampleur du score, PHM recouvre la rage de vaincre et ses esprits. Dos au mur, le joueur hexagonal se libère, en retrouvant comme par magie sa combativité de la première manche. Une pluie de coups longs et appuyés en coup droit comme en revers s’abat sur Moya qui, abusé par les deux manches précédentes, oublie les recettes de la victoire. Ses revers chopés s’effritent face à la puissance retrouvée de Mathieu. La confiance a changé de camp. Après 48 minutes dans le quatrième acte, le Français se tape le cœur du poing. L’égalité est parfaite entre les deux acteurs (6/3 3/6 2/6 6/3).

Comme à l’issue du premier set, l’euphorie ambiante fait perdre à PHM sa concentration pendant quelques secondes. Une erreur que le Français paie cash. L’Espagnol fait le break d’entrée (2-0) et donne le sentiment de s’envoler vers une victoire inéluctable et cruelle pour le Tricolore. Le Mathieu de cette saison n’a cependant rien à voir avec celui de 2002. En quête d’un exploit pour gommer sa mésaventure du POPB, le Français passe outre la folie qui gagne les arènes et se lance corps et âme dans la bataille. Au terme d’un quatrième jeu très disputé et à sa quatrième balle de break, l’Alsacien recolle à deux jeux partout, infligeant à Moya un terrible coup de massue. La fin de rencontre se transforme en véritable chemin de croix pour l’Espagnol qui montre des signes de lassitude physique et morale. Alors que Mathieu fait preuve d’une fraîcheur étonnante, la fatigue fait commettre au numéro 6 mondial des erreurs inhabituelles et lui fait perdre sa lucidité. Ses amorties sont délivrées à mauvais escient, les balles de breaks lui échappent tandis que le membre de l’équipe de France surfe sur la vague du succès. Malgré les encouragements des supporters, le leader ibérique est incapable d’enrayer la machine tricolore et rend les armes après 4h31’ d’un combat homérique (6/3 3/6 2/6 6/3 6/3).

Décembre 2002 est bel et bien effacé. Paul-Henri Mathieu, au bord des larmes, savoure cette victoire qui propulse les Bleus sur le chemin de l’exploit.

 

 
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