Mathieu rate le coche
Par PIERRE-GILLES HUOT
De Sports.fr
Paul-Henri Mathieu a bien cru tenir sa qualification pour les huitièmes de finale de l'US Open. Opposé à Sargis Sargsian, le Français s'est en effet procuré deux balles de match dans la cinquième manche avant de rendre les armes au terme d'un combat de 4h42. L'Arménien, qui sortait pourtant d'un match de cinq heures au tour précédent, l'a finalement emporté au prix d'un effort incroyable (4-6, 4-6, 6-4 6-2, 7-6).
Paul-Henri Mathieu devait sans doute être partagé entre plusieurs sentiments à l'heure de rentrer aux vestiaires après sa défaite concédée sur le fil. Oui, partagé entre la joie d'avoir retrouvé ses sensations, d'avoir passé pour la première fois un deuxième tour dans un Grand Chelem depuis 2002 à Roland-Garros, d'être revenu de l'enfer après une absence de sept mois en se payant au passage la tête de série numéro 21, Taylor Dent. Et la déception d'avoir gâché deux balles de match face à l'increvable Sargis Sargsian...
L'Arménien ne donnait pourtant pas l'impression de pouvoir renverser la tendance, après avoir concédé les deux premières manches. D'autant qu'il avait dû puiser dans ses ressources au tour précédent face à Nicolas Massu, en s'imposant au terme d'un combat de cinq heures, long de cinq sets. Mais Sargsian a fait preuve une nouvelle fois d'une combativité énorme pour prendre le jeu à son compte et refaire son retard. Il s'en est fallu toutefois de peu pour qu'il reparte du court tête basse. A 5-6 sur son service dans la cinquième manche, l'Arménien a été contraint de sauver deux balles de match, avant de coiffer le Français au poteau lors du jeu décisif (7 points à 4).
"Il y avait de la pression"
"Je suis évidemment déçu d'avoir perdu, a expliqué Paul-Henri Mathieu après coup. Ça ne s'est pas joué à grand-chose. Ces matches-là, il faut toujours un vainqueur et un perdant. Je savais qu'il sortait d'un match de cinq heures, mais il s'est bien bagarré. Je crois que le fait d'être fatigué l'a relâché. A 5-5, il y a ce long jeu, je ne sais pas si je mérite de le gagner car il a plus tenté que moi. Je me suis accroché. Ensuite, j'ai deux balles de match sur son service. Si j'avais été plus inconscient, j'aurais frappé un coup droit comme à l'entraînement. Mais il y avait de la pression. C'était une longue bagarre et il ne faut pas avoir pas de regrets."
Une attitude résolument positive pour un joueur qui sait d'où il revient et qui goûte à nouveau au plaisir de pouvoir jouer sur un court après une sérieuse blessure au poignet gauche. Ecarté des courts de janvier à juillet 2004, PHM aura connu des moments particulièrement difficiles à gérer. Le poignet en vrac depuis son séjour en Inde, à Chennai, en début de saison, l'élève d'Olivier Soulès a essayé de garder le moral malgré les galères qui s'accumulaient. Dans l'incapacité de frapper un revers à deux mains, Mathieu n'a toutefois jamais cessé de travailler comme un forcené son physique.
Aujourd'hui, Paulo voit enfin le bout du tunnel et c'est bien là l'essentiel. Le reste, ce n'est que du bonus. "Je vais essayer de retenir beaucoup de choses positives de ce tournoi, a expliqué le principal intéressé. Pour la suite de la saison, j'ai beaucoup de points à défendre en septembre et mon objectif est de rester dans le Top 100 à la fin de l'année." Et la demi-finale de la Coupe Davis face à l'Espagne ? "Il faut demander à Guy Forget", répond Mathieu tranquillement. Désormais, PHM est redevenu joueur de tennis et cela suffit amplement à son bonheur. En attendant mieux...