Mathieu Soulagé
Paul-Henri Mathieu a battu le Néerlandais Sluiter, 94e mondial, au premier tour de l'US Open. Il n'avait plus gagné de match en Grand Chelem depuis plus de deux ans.
L'ace a claqué et la délivrance a envahi Paul-Henri Mathieu. La deuxième balle n'est pas restée longtemps dans la poche et elle a été expulsée hors des limites du stade de Flushing-Meadows. Un véritable « home-run » qui a impressionné les spectateurs tenus en haleine par ce tie-break du troisième set irrespirable conclu 14 points à 12 à la cinquième balle de match.
Ce geste digne d'un joueur de base-ball, c'était pour l'Alsacien l'occasion d'expurger toutes les galères. Le poignet a tenu, la tête aussi et « PHM » pouvait savourer ce succès acquis face au Néerlandais Raemon Sluiter, 94e mondial en trois sets (6-2 7-6 7-6). Sa première victoire en Grand Chelem depuis Wimbledon 2002. Un bail !
Moments difficiles
Forcément, Paul-Henri Mathieu ne pouvait cacher un immense soulagement.
« Ma première victoire, c'était de rejouer, confiait-il. Maintenant, remporter un match à ce niveau, c'est un soulagement. Pendant le match, il m'est arrivé de penser à tous les moments difficiles que j'ai traversés. »
Entre son genou meurtri alors qu'il était adolescent dans le camp d'entraînement de Nick Bollettieri, sa déchirure abdominale à la veille de Bercy 2002 et ce maudit poignet gauche (luxation du tendon) qui lui a gâché la vie en début d'année, Paul-Henri Mathieu n'a pas été épargné par les coups durs. Mais il a toujours su rebondir.
Volonté énorme
« Parfois, c'est dommage, il faut passer par là mais si on s'en sort, on revient plus fort », glisse-t-il. Avec son coach Olivier Soulès, il n'a jamais désespéré. « Cet arrêt m'a permis de voir plus souvent ma copine et mes parents, c'est l'avantage, poursuit-il. Mais j'ai vraiment vécu des moments difficiles. Je suis surtout content d'avoir évité l'opération. C'est pourtant passé tout près, j'ai eu deux rendez-vous avec le chirurgien. »
Aujourd'hui, son poignet n'a pas retrouvé toute sa souplesse mais il compense par une volonté énorme. Ce fut flagrant face à Sluiter, joueur imprévisible par ses coups à deux mains.
« J'ai eu de la réussite de remporter le troisième set, j'ai sauvé cinq balles de set dans le tie-break », dit-il. Et de s'épater lui-même du niveau de jeu qu'il a retrouvé.
« Je ne peux pas
me plaindre »
« C'est vrai que c'est allé plus vite que prévu. J'ai repris la compétition à la mi-juillet à Kitzbühel en passant deux tours de qualifications. Ensuite, j'ai remporté un gros Challenger à Ségovie. Je m'étais un peu surpris. Finalement, je ne peux pas me plaindre. »
A 22 ans, Paul-Henri Mathieu, 88e mondial, a repris sa marche en avant. Et son affrontement au deuxième tour face à l'Américain Taylor Dent, tête de série n°21 et surtout quatrième des derniers Jeux Olympiques d Athènes, l'excite au plus haut point. « Je vais sûrement jouer sur un grand court, j'aime ça. A Washington, face à Agassi, le fait de retrouver l'ambiance d'un Central m'avait un peu bloqué mais là ça ira », promet-il. Foi de Mathieu.
Eric Salliot