Olivier Soulès, entraineur de tennis, coache depuis 2004 le jeune numéro 3 francais Paul-Henri Mathieu (voir photo en dehors du cour)
"Avec un joueur qui a subi des coups durs, je mise sur la confiance"
Le contexte
Passé à deux points de la victoire en 2002, lors de la Coupe Davis contre la Russie, le jeune espoir français Paul- Henri Mathieu, 22 ans, semble accablé par la malchance. Une blessure, une deuxième et le voilà privé de jouer le tournoi Roland Garros 2004 qui s’achève le 6 juin. Même quand on est une graine de champion, pas facile de garder un moral d’acier face à ces «cata » en série. Voici la méthode de son entraîneur, Olivier Soulès, pour l’aider à gérer sa déception et lui redonner confiance pour le prochain tournoi de l’US Open, cet été.
Sa pratique
«Lorsqu’on est face à un joueur en pleine ascension qui connaît des incidents de parcours, il faut davantage jouer sur le mental. Les épreuves que «PHM» a subies ont durci son tempérament, déjà très fort. C’est ce qui lui a permis de ne pas s’effondrer. N’empêche que je dois l’aider à gérer sa déception. Je l’incite à relativiser, en trouvant des dérivatifs. Je l’ai d’abord convaincu de savoir faire des coupures pour relâcher la pression. L’évasion est un excellent moyen pour ne pas ressasser. L’apprentissage du yoga devrait aussi lui permettre de gérer le stress. Je mise aussi sur la préparation physique et la technique, car plus on bétonne ces points, plus on est fort dans la tête. Vu que j’ai affaire à un joueur hyper motivé qui est un acharné de l’entraînement, c’est un formidable atout pour lui. Dans mon style de management, je tiens évidemment compte de sa personnalité, de ses coups durs. Mais ce n’est pas pour cela que je dois être plus coulant. Evidemment, le dialogue compte davantage dans la relation, mais si j’ai quelque chose à dire, j’y vais carrément. Si Paul-Henri me lance parfois un « j’ai pas de chance», je le charrie illico avec humour pour inverser la spirale du défaitisme. En général, je m’adapte au joueur, à sa personnalité et à son parcours, mais je ne dois pas me comporter en « porteur de valises » comme on dit dans notre milieu, autrement dit, comme un simple accompagnateur. C’est aussi au joueur de s’adapter à mon style. C’est à cette condition que je peux vraiment l’aider à progresser. »