"TOUT SUR MON FILS... " (>voir photos en dehors du cour)
"Comme toutes les mamans, je suis anxieuse pour mon fils, mais j'apprécie les moments où j'ai l'occasion de le voir directemment sur le court même si ça se manifeste par la moiteur de mes mains ou des palpitations cardiaques! (sourire). Je préfère cette situation à celle qui consiste à se retrouver devant son ordinateur à suivre l'évolution du scorce de Paul-Henri sur internet. Parce que mon mari et moi suivons pratiquement toutes ses rencontres par ce biais là et peu importe l'heure (sourire). Là le stress est important parce qu'on ne voit pas ce qui se passe. Récemment, au coeur de la nuit, on a ainsi assisté à sa victoire sur Sampras à Long Island. Mais de toutes les facons, quand ça se passe bien, Paul henri a pris l'habitude de nous appeler, quelque soit l'heure. Ces derniers temps, il nous contact moins lorsque ca ne s'est pas bien déroulé. Il nous laisse déduir qu'il a perdu."
"Il y a quelque temps, il nous a demandé de nous dispenser de tout commentaire sur son tennis. Quand il nous appelle, il nous donne le résultat sec et s'il veut bien, il rajoute "j'ai bien joué ou je suis content", mais ca se limite à ça. Une fois pour toutes, il a décidé que mon mari et moi n'étions pas compétents pour juger son niveau de jeu, ce qui est d'ailleurs vrai. C'est une décision qu'il nous a forcé à prendre. Un jour il nous a dit de ne plus se mêler de son tennis. Il pensait que nous avions des attitudes qui lui étaient néfastes, que nous étions trop près de lui. Nous n'avions pas du tout ce sentiment parce qu'on ne faisait que répondre à ses demandes. On allait jamais au devant. Mais il le ressentait différemment et il avait sans doute de bonnes raisons pour cela. Il ne m'interroge jamais pour savoir comment je l'ai trouvé sur le court. Il peut me dire "j'ai fait un beau match" mais il ne me demandera jamais si je suis contente de sa performance. Sur le court il ne me regarde pas, son regard c'est pour Thierry Champion, son entraineur"
"C'était un petit garcon très joyeux, très farceur, très vif, pétillant, mais il a perdu un peu de cette spontanéité à partir du moment où il a fait beaucoup de compétition. Jusqu'à 11 ans, c'était un bébé cadeaux , comme je l'appelais toujours, parce qu'il était en permanence de bonne humeur. Puis il a découvert l'anxiété lié au matches et peut être qu'on lui a demandé beaucoup de choses trop tôt. Il s'est donc renfermé. Le comprendre à été difficil. Une coupure s'est probablement produite quand il a quitté le domicil familial pour aller au tennis-étude de Reims. Il vivait des choses qu'on ne connaissait pas et dont il n'avait pas envie de parler. Peut être le pressait-on- trop de questions et a-t-on outrepassé nos droits. A partir de là il y a eut une certaine distance qui s'est crée, même s'il ne s'est pas complétement détaché. Aujourd'huie encore, il nous appelle tous les jours"
"Son départ de la maison a été très difficile à vivre pour moi. Il est le plus jeune de mes trois enfants. Il était le dernier et j'avais envie de le chouchouter (sourire). Mais c'est lui qui a pris la décision de partir. Je me souviens être allée voir le directeur du collège où il était. Cette personne m'avait dit: s'il vous répond "oui mais", alors il n'est pas près; s'il vous répond "oui maman , je pars", alors ne contrariez pas sa volonté. Comme Paul-henri m'a répondu trois fois oui, je me suis pliée à son désir. Et puis tout s'est bien passé à Reims. Après il est parti aux Etats-Unis, dans l'académie de Nick Bollettieri, et là, j'ai vécu un enfer. Quand il n'était pas bien, c'était terrible. Plusieurs fois, j'ai pris l'avion pour le rejoindre mais ca n'était pas toujours possible parce qu'il y avait deux autres enfants à la maison. Il ne m'a jamais dit "viens", sauf une fois. Heuresement il avait rencontré des Francais avec qui nous étions liés d'amitié et ces gens là tiraient la sonnette d'alarme dans les moments difficiles "Venez, il n'est pas bien"."
"Le plus cruel là bas, a été pour lui la blessure, particulièrement la seconde. Il est tout de meme resté sans jouer pendant 14 mois. Il a vu ceux qu'il battait progresser et avancer à l'ATP et quand il a recommencé à jouer, il a voulu rattraper le temps perdu et il ne comprenait pas que les résultats ne viennent pas aussitôt. Il perdait et il lui arrivait de pleurer au téléphone. Il a connu ses moments de détresse jusqu'à l'année dernière où il avait le sentiment de bien travailler, mais de ne pas être suffisament récompensé de ses efforts. Oui, c'est un perfectionniste depuis toujours. Quand il était petit, il ne quittait jamais un court sans avoir fait un point gagnant. L'entrainement ne pouvait s'arrêter sur un point perdu."
"Il a franchi un cap depuis le dernier RG quand il a atteint les huitième de finale face à Agassi. Peut être a-t-il appris ce jour là à relativiser la défaite. Quand je l'ai revu tout de suite après le match il était sous le chos de l'echec. Tout le monde lui disait pourtant "Tu as fait un super match". Je me rappelle notamment de la maman de Tatiana Golovin qui lui a déclaré " Aujourd'hui Paul-Henri c'est ta plus belle victoire". Il l'a regardé avec stupéfaction. Je crois qu'il a compris cette après-midi là, qu'on pouvait perdre un match même en ayant très bien joué. Eh oui je pense que depuis, il gère mieux l'échec ou l'idée de l'échec. Il faut se souvenir que jusqu'à sa première blessure, il jouait en pensant que rien ne pouvait lui arriver. Il était toujours en pleine confiance, dominateur. Il a découvert la défaite assez tard. C'est une caractéristique important de son parcours."
"Plus jeune, il était assez fétichiste. S'il n'avait pas le bon maillot, il ne pouvait pas jouer. Je me rappelle qu'il pouvait me dire "Ca ne peut pas marcher, tu ne m'as pas laver le maillot qui gagne". Je me souviens du quart de final qu'il avait dipusté contre Andy Roddick lors du tournoi juniors de RG en 2000. Nous étions logés chez des amis à Paris. Cinq minutes avant d'entrer sur le court, Paul-Henri arrive en courant vers moi pour me dire " j'ai pas la bonne tenue". La personne chez qui nous habitions a repris sa moto pour aller chercher la fameuse tenue que nous lui avons donné alors que le matche avait déja commencé. Il l'a enfilée aussitôt et il a battut Roddick puis gagné le tournoi."
"S'il nous tient éloignnés de tout ce qui concerne son jeu, il nous demande notre avis sur tout un tas d'autres choses liées à sa carrière ou sa vie de tous les jours. Par exemple il ne s'autorise pas à acheter un walkman sans éprouver le besoin de nous en parler. Il est huitième de finaliste à RG. Dix jours après, il téléphone à la maison " Papa est-ce que je peux m'acheter un walkman?!!""
"Ce que j'aime quand je le vois jouer? J'adore l'entendre ahaner sur un court (sourire). Quand il ahanne au moment de la frappe, et bien que cela dérange un certain nombre de gens, cela me prouve qu'il est bien concentré. Il faisait déja ça quand il était tout petit, mais certaines personnes lui ont demandé d'arréter et il lui a fallu beaucoup de self control pour y parvenir. Et ce cri est revenu quand il a commencé à gagner l'année dernière (sourire). S'il n'ahanne pas, je me dis que ce n'est pas un bon jour. Quand il se parle à lui même, quan il maugrée, je sais que ça ne va pas. Petit il avait tendance à montre frequemment le point face à son adversaire. On lui a dit que ça n'était pas une bonne idée et il a eu du mal à l'accepter (sourire). Aujourd'hui, il montre le point mais c'est pour s'encourager. C'est un signe supplémentaire pour dire "je suis là" "
Yvelines Mathieu tennis magazine n° 321