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Roland Garros: 2e jour                                                                                                                                     mardi 24 mai 2005

 

Q. Quel est ton sentiment après ce match ?
R. Je suis content de pouvoir jouer. L'année dernière, je n'ai pas eu la chance de pouvoir disputer le tournoi. Je suis content de ne pas être blessé déjà. Je suis content d'avoir gagné ce premier match, même si je me suis mis dans une situation difficile ; mais l'essentiel est que j'ai réussi à conclure la fin et à passer le premier tour.

Q. Est-ce que tu te rappelles avoir déjà aussi bien joué que dans les deux sets et demi de ce match ?R. Oui, je pense. Non, je pense que je jouais un tennis solide où je ne laissais pas le temps de jouer. J'ai eu des bons passages mais cela m'est déjà arrivé cette année.

Q. En Coupe Davis ?
R. En Coupe Davis, je produisais un jeu assez solide, un peu comme aujourd'hui dans les deux premiers sets.

Q. Tu avais quitté un peu déprimé, qu'est-ce qui fait qu'en si peu de temps tu arrives à revenir à un si bon niveau de jeu ?R. J'étais juste un peu éteint. Je m'attendais à mieux faire en mai et même en avril, je n'avais pas gagné beaucoup de matches. On veut arriver à Roland Garros avec le plus de matches possible et ce n'était pas le cas. J'étais un peu déçu et j'ai fait une bonne semaine d'entraînement assez intensif et c'est ce qui m'a remis sur les rails.

Q. Qu'est-ce qui t'a donné envie de faire appel à Patrice pour préparer Roland Garros ?R. Quand je n'avais plus d'entraîneur, j'ai demandé à Patrice s'il pouvait m'aider ; je pense qu'il a beaucoup d'expérience et j'aimais bien son discours à la Coupe Davis. Ce n'était pas quelqu'un d'inconnu pour moi. Sur le plan humain, je savais avec son expérience des grands tournois qu'il pouvait m'apporter beaucoup.

Q. Quand tu mènes 5/2, près de conclure, qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? Est-ce que c'est lui qui a lâché les coups ou as-tu eu une baisse de régime ?R. Un peu des deux. Quand j'avais des balles de double break au troisième, je me disais que c'était trop, que c'était des mini-balles de match. Si j'avais eu le double break dans le troisième cela aurait été plus facile pour conclure. Il s'est relâché. Il commençait à jouer mieux ; j'ai joué un peu plus court et je me suis un peu crispé, mais c'est Roland et c'est normal. Mais cela a été dur.

Q. Comment as-tu réussi à te remettre dans la partie ? Il fallait reprendre à zéro dans la quatrième manche c'est revenu peu à peu ?R. C'est quand même difficile dans la tête. Après avoir eu des balles de match, ce n'est jamais évident de recommencer tout à zéro. J'ai essayé de me relâcher, de me concentrer, de jouer point après point et de rester bien au présent.

Q. Tu es toujours invaincu sur ce court ?
R. Je ne sais pas.

Q. Tu avais gagné le junior ? Tu l'as bien senti ce court, malgré le vent ?R. En général, je n'aime pas trop ce court. C'est bizarre ; la sonorité est bizarre mais si je n'ai jamais perdu c'est qu'il me réussit bien.

Q. Patrice nous a dit que Olivier Soulès t'avait très bien fait travailler et fait faire beaucoup de progrès. Qu'est-ce qui n'a plus fonctionné à un certain stade entre vous ?R. On ne va pas entrer trop dans les détails. C'est vraiment un accord commun. On avait un petit problème de communication et aujourd'hui on préférait s'arrêter là.

Q. Souvent lors de tes matches tu as des scénarios incroyables où tu débutes merveilleusement et tu lâches aussi bizarrement que cela et tu reprends quand même. C'est toujours assez surprenant comment expliques-tu cela ?

R. Je ne lâche pas.

Q. Tu lâches au moment de conclure et tu repars quand même.R. C'est vrai dans les matches importants aussi, quand c'est le premier tour de Roland Garros, quand je mène 5/2 au troisième on veut conclure passer le moins de temps possible sur le court, j'aurais dû essayer de me détendre un peu plus. Il n'y avait aucune raison de me crisper. Je pense que j'étais au-dessus. Et je veux dire que lui après n'avait plus rien à perdre ; il a lâché des coups qu'il ne faisait pas au début. Avec les deux qui s'enchaînent ce n'était pas évident. Mais j'aurais bien pu gagner une balle de match. Mais cela se joue à pas grand-chose.

Q. Quand tu disais que le discours de Patrice te convenait bien, est-ce que tu peux préciser ?R. Je pense qu'il a l'expérience des grands événements tel que la Coupe Davis ou des Grands Chelem. Pour nous, en tant que joueur, c'est toujours important d'avoir quelqu'un qui donne son point de vue avec autant d'expérience.

Q. Tu as donc l'impression que tu as essayé pour cette fois de reformer l'équipe de Coupe Davis autour de toi ?R. Non. Pas spécialement. J'ai juste demandé à Patrice de m'aider, et c'est vrai que c'est la personne que je connais le mieux et qui me connaissait bien grâce à la Coupe Davis. Je me suis toujours entraîné avec Paul Quetin, que ce soit à la Coupe Davis ou en dehors. Je n'ai pas essayé de reformer la même chose.

Q. Sur le premier et deuxième set et une bonne partie du troisième, est-ce que tu arrives à te régaler sur les points que tu as réussis à faire ? Car tu avais un jeu assez spectaculaire, beaucoup de coups gagnants et lui en face ne montrait pas grand-chose. Est-ce que l'on arrive à savourer quand tout marche bien ?R. C'est là où l'on prend le plus de plaisir. Quand tout va bien quand tout marche bien, quand on sent bien la balle, quand on bouge bien, on a l'impression que rien ne peut nous arriver. On prend beaucoup de plaisir.

Q. Pour la suite, on ne sait pas encore contre qui tu vas tomber, tu connais des deux adversaires potentiels ?R. Je connais Ventura, mais je ne connais pas le qualifié. Je sais que c'est un grand gaucher. C'est tout.

 

 
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