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Paul-Henri, vous allez donc débuter la rencontre, face à Joachim Johansson…
Je le connais depuis les catégories de jeunes, mais je ne l’ai jamais joué sur le circuit professionnel. Evidemment, cela va être un match très difficile. Il a très bien joué en début d’année. C’est sûr qu’il est en confiance et ce ne sera pas évident.
Surtout avec son service dévastateur…
C’est vrai qu’il a un gros service ! Bien sûr, c’est mieux de le jouer sur terre battue mais même sur terre battue, son service est efficace. Mais bon, je vais essayer de faire le maximum pour retourner du mieux possible.
Pensez-vous justement que le retour soit la clé de ce match ?
Non. S’il me sort un ace, je ne pourrai rien faire de toute façon. Bien sûr, je vais essayer de mettre le plus de retours possibles dans le court, mais la clé sera aussi son service justement. S’il sert un peu moins bien, ce sera bon pour moi.
Vous avez beaucoup observé Joachim Johansson cette semaine. Pensez-vous qu’il est à 100% de ses moyens ?
On ne l’a pas tant regardé que ça. Mais je pense qu’il est à 100%, car il servait quand même assez fort. Je suis d’ailleurs un peu étonné qu’il ait mal à l’épaule ! De toute façon, s’il n’était pas à 100%, il ne jouerait pas. On ne peut pas se permettre de jouer la Coupe Davis sans être à 100%.
Cela ne vous dérange pas d’ouvrir les débats ?
Non, pas plus que ça. Il y a du pour et du contre, mais en Espagne à Alicante, j’avais déjà commencé et cela ne m’avait pas gêné.
Pour revenir à Joachim Johansson, il a passé 51 aces à Andre Agassi à l’Open d’Australie cette année. Un bilan très impressionnant. Qu’est-ce qu’on se dit quand on rencontre un tel joueur ?
Je ne me suis pas encore posé la question ! S’il me passe 51 aces, je ne pourrai rien faire ! Non, il faudra que je trouve une faille autre part. Cela dit, il y aura forcément un moment où il servira moins bien. C’est à ce moment là qu’il faudra me glisser et lui passer devant.
On rappelle qu’il avait perdu ce fameux match face à Agassi…
Justement. Perdre un match en passant 51 aces, c’est dur à imaginer mais il a prouvé que c’était possible.
Autre point positif pour vous : la terre battue n’est pas vraiment sa surface de prédilection…
Non, mais je pense quand même qu’il peut bien jouer sur terre, car il a une balle assez lourde et il frappe très fort, mais il est évident que ce n’est pas sa meilleure surface.
Vous avez dit que Joachim Johansson était à 100%. Et vous, où en êtes-vous ?
A 100% aussi. Et dans l’équipe, on l’est tous. C’est quand même une rencontre de Coupe Davis et on ne peut pas se permettre de ne pas être au top physiquement.
Comment se passent les dernières heures avant un grand rendez-vous comme celui-là ?
Je me suis entraîné ce matin. Cet après-midi, je vais me reposer et c’est tout ! Rien de spécial !
Le public strasbourgeois a-t-il un rôle très important à jouer selon vous ?
Oui, c’est toujours très important et en plus, cette fois, c’est chez moi à Strasbourg. C’est vrai que cela peut m’apporter un plus et beaucoup nous aider.
Vos proches seront là également. Est-ce une pression ou une aide précieuse ?
Il y a toujours un peu de pression mais je pense avoir déjà joué des matches où il y en avait beaucoup plus. Et de toute façon, la pression, on aime ça. C’est ce qui nous fait bien jouer.
On vous avait laissé à Alicante avec des sentiments mitigés : votre superbe victoire sur Carlos Moya mais également la défaite de l’équipe de France. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
C’est vrai que j’étais à la fois content et déçu. J’avais puisé beaucoup d’énergie là-bas, j’avais donné tout ce qui me restait et j’ai eu beaucoup de mal à finir la saison ensuite. Depuis, j’ai fait un début d’année mitigé. J’avais bien commencé à Chennai, avec un bon niveau de jeu. Ensuite, cela a été un peu plus dur, mais ça va revenir. Le niveau est là, il manque juste un peu de constance.
Le match contre Moya est-il votre référence désormais en Coupe Davis, ce sur quoi vous pouvez vous appuyer ?
Oui, c’est ma seule victoire pour l’instant ! Donc bien sûr, c’est un match référence pour moi en Coupe Davis, c’est évident.
Joachim Johansson est 11e mondial, vous êtes 99e. C’est un écart énorme. Pensez-vous pouvoir inverser la tendance sur terre battue ?
Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est qu’en septembre, j’étais 130e, que Moya était 5e et que j’ai réussi à le battre… Je n’ai pas fait une saison complète l’an passé, c’est donc difficile à dire. J’ai réintégré les 100 premiers, je suis déjà content. Le classement, aujourd’hui, ne veut plus rien dire. Sur un match, tout le monde peut battre n’importe qui. |