« Bercy n'est pas maudit pour moi »
Masters Series de Paris
FORCÉMENT, IL Y PENSERA en pénétrant sur le court. Les spectateurs aussi. Cette défaite à Bercy face au Russe Youzhny en 2002 lors du match décisif de la finale de la Coupe Davis fait désormais partie de son histoire.
Mais Paul-Henri Mathieu, 22 ans, ne veut pas en rester là. Et veut briller cette semaine à... Bercy.
Où en êtes-vous avant d'entamer ce tournoi à Bercy, où vous êtes attendu ? Paul-Henri Mathieu. Depuis que j'ai repris fin juillet, j'ai beaucoup joué. J'étais content, car ma blessure a été longue (NDLR : six mois et demi à cause de la rupture d'un ligament au poignet) . J'ai disputé la Coupe Davis alors que ce n'était pas prévu car je ne comptais pas rejouer aussi bien, aussi vite. Je me suis retrouvé avec un programme surchargé. J'avais une telle envie que ça a été, mais je sens que c'est la fin de saison. Je vais faire un dernier gros effort pour ce tournoi et, après, je suis en vacances pendant une dizaine de jours.
Vous restez sur une défaite au 1er tour à Saint-Pétersbourg... J'étais malade depuis le tournoi de Lyon (NDLR : du 4 au 10 octobre) et j'ai senti la fatigue me rattraper. A Metz, la semaine suivante, j'ai atteint les demi-finales malgré la fatigue. Mais à Saint-Pétersbourg, j'étais un peu au bout du rouleau. Depuis j'ai emmagasiné de l'énergie et je me sens maintenant à 100 %.
Votre bilan 2004 est-il satisfaisant ? Avec ma blessure, j'avais tiré un trait sur cette saison. Donc, c'est du bonus. Depuis que j'ai repris, j'avance sur de très bonnes bases, même si je n'ai pas fait de gros coup. Mon objectif, c'est d'arriver à être aussi régulier sur toute une année. Je joue aussi bien qu'en 2002. Ce que j'avais en plus quand j'ai gagné à Lyon et à Moscou cette année-là, c'est la confiance, chose que rien ne peut remplacer. Là, je suis remonté à la 120 e place, mais, sur les trois mois et demi où j'ai joué, je dois osciller entre la 15 e et la 20 e , ce qui n'est pas mal.
En battant Moya en Coupe Davis fin septembre, avez-vous effacé le cauchemar de Bercy en 2002 ? J'étais content, mais je n'ai pas pensé une seule seconde à ma défaite contre Youzhny en 2002. Je n'avais pas de revanche à prendre, mais ça m'a fait plaisir par rapport aux journalistes et aux gens qui en parlaient tout le temps. Moi, ça ne m'a jamais gêné. J'étais triste après ce match, bien sûr, mais jouer une finale de Coupe Davis devant 15 000 spectateurs, gagnée ou perdue, ça reste un grand moment.
Cet endroit n'est donc pas seulement synonyme de mauvais souvenirs ? Bercy n'est pas maudit pour moi. Je n'ai encore jamais gagné de match ici, mais ça ne veut rien dire. A Roland-Garros, j'ai mis quatre ans avant d'en gagner un (NDLR : il a atteint les huitièmes de finale en 2002)...