Mathieu : "Fou de joie"
(24/09 - 19h18) - Pour Paul-Henri Mathieu cette victoire contre Carlos Moya est celle de la volonté. "Même mené, j'y ai toujours cru" dit-il.
- Paul-Henri, pouvez-vous décrire ce que vous ressentez…
- Je suis très content d’avoir remporté mon premier point pour l’équipe de France. Beaucoup de choses sont passées dans ma tête pendant le match. Je reviens de loin cette année. Je n’aime pas trop dire cela, mais je crois que je le mérite un peu aujourd’hui.
- Que s’est-il passé au début du deuxième set, alors que vous sembliez contrôler la partie ?
- Dès le début, j’ai essayé de trouver son revers au maximum ; d’ouvrir sur le coup droit, pour ensuite aller sur son revers. Mais, à 6-3, 1-0 – balle de 2-0 – j’ai commencé à faire une ou deux fautes. Lui a pris confiance petit à petit, et à ce niveau là, ça fait une différence énorme. J’étais alors un peu plus en dedans. Lui était devenu le patron sur le court. Je le sentais, alors j’ai tout fait pour repasser devant.
- Votre joie semblait assez contenue à la fin de la rencontre…
- C’est vrai, mais c’est quelque chose de difficile à expliquer. Quand on gagne, on ne contrôle pas trop, mais cela ne veut pas dire que je n’étais pas content. Au contraire. Au fond de moi, j’étais fou de joie. Je suis passé par des moments tellement difficiles…
- Le public assez bruyant vous a-t-il gêné ?
- A partir du moment où l’on est sur le court, on essaie d’oublier tout ce qui est en dehors. Le public ne m’a pas perturbé.
- Avant de remporter ce match, vous aviez perdu beaucoup de matches en cinq sets…
- Cela signifie que je fais des progrès ! Lors des matches précédents, il ne me manquait pas grand-chose à chaque fois. A la fin du cinquième aujourd’hui, j’étais plus conquérant que lui et c’est ce qui m’a aidé à gagner.
- Vous avez été mené deux sets à un, puis 2-0 au cinquième set, pourtant, vous y avez toujours cru…
- Sur les matches en cinq sets, je sais que même si on a un break de retard, cela ne veut rien dire. Même à deux sets à un, quand j’étais dos au mur, j’y croyais encore. J’ai tout fait pour repasser devant. C’est vrai que cela demande beaucoup d’efforts, mais à force d’essayer, d’essayer, cela a payé.
- Cette victoire très importante va-t-elle vous aider à oublier le souvenir de votre défaite en finale de la Coupe Davis en 2002 à Bercy ?
- Comme je l’ai dit ces derniers jours, je n’ai pas vraiment envie d’oublier la finale. Même si j’ai perdu, et même si j’étais sur le moment très triste, cela reste un grand moment. C’était une finale incroyable, disputée devant plus de 12 000 spectateurs à Bercy. Cette défaite m’a aidé aujourd’hui, elle m’aidera encore à l’avenir. Cela reste un moment important dans la vie d’un sportif.
- Comment avez-vous abordé cette rencontre ?
- Au début du match, je me disais : "joue pour toi, ne pense pas trop aux autres. "Cela m’avait un peu gêné lors de la finale en 2002. Je pensais tellement à jouer pour les autres que cela me bloquait. Là, je me suis dit : "fais-toi plaisir, et si jamais ça passe, ce sera de toute façon bien pour l’équipe." Je suis vraiment très content d’avoir apporté le premier point. Mais ce n’est pas fini. Il reste deux points à gagner.
- Que vous a dit Guy durant la partie…
- Il me demandait constamment d’avancer dans le court, d’être le patron sur le court, de faire le jeu, de ne pas subir. Il me disait de lui rentrer dedans, d’essayer de prendre le dessus dans l’échange.